Transmission d’entreprise: pourquoi ne pas vendre à vos employés ?

18 08 2011

Vous êtes entrepreneur(e) et vous songez de plus en plus à prendre votre retraite. Comme dans 75% des cas, comme l’indique la Fédération canadienne de l’entreprise indépendante (FCEI), vous n’avez rien planifié. Vous voilà donc sensibilisé: quoi faire ? vendre ou fermer ?

Fermer constitue la pire des solutions. Tout le monde y perd. L’option de vendre s’avère intéressante, non ? Vous avez 3 choix: vendre à des repreneurs externes (un concurrent ? un fournisseur ? un client ?), à un ou des membres de votre familles, ou bien… à vos employés.

En effet, la vente totale ou partielle de votre entreprise à vos employés s’avère une solution intéressante pour les deux parties, car elle est créatrice de valeur pour votre firme. D’ailleurs, le site Releve.ca le souligne.

Ce dernier, tout comme la CDR Lanaudière, dresse un bilan des avantages d’une transmission vers les employés. D’abord, puisque le transfert se fait à l’interne, l’entreprise conserve son indépendance. En effet, un rachat d’entreprise par une autre crée immédiatement un lien de dépendance entre la firme acquéreuse et celle acquise. La prise de décision stratégique se prend ailleurs, souvent au détriment de l’entreprise. Demeurer indépendant s’avère donc important, car on réduit le risque de gestion relié à la propriété intellectuelle (le savoir et les savoirs-faire demeurent dans l’entreprise), donc on minimise les cafouillages juridiques qui minent les finances de l’entreprise et détruit la valeur.

Une autre raison consiste à conserver les employés et l’équipe de gestion en place. releve.ca va même plus loin, en affirmant que céder la propriété ainsi que la direction aux employés favorise une meilleure mobilisation des employés ainsi qu’une meilleure productivité.

Différentes formules: une coopérative ?

Les coopératives demeurent inconnues ou mal comprises au Québec. Chaque fois que j’aborde le sujet avec des promoteurs, on me dit que les coopératives, ce sont pour les pauvres et qu’on n’y fait pas d’argent. C’est faux. Les coopératives sont des entreprises, des personnes morales au même titre que les compagnies. Elles doivent donc poursuivre un objectif de rentabilité. Il y a certes plusieurs différences. Fondamentalement, la coopérative ne vise pas à prendre de la valeur (les parts sociales sont nominales et ne prennent pas de valeur avec le temps), mais à rendre un service ou à offrir des produits de la meilleure qualité possible au meilleur coût possible ce qui favorise la fidélisation de la clientèle.

De plus, la redistribution de la richesse, sous forme de ristournes (dividendes dans une compagnie), se fait au prorata de l’usage fait avec l’entreprise et non en fonction du nombre d’action détenue, ce qui s’avère plus équitable et le risque est partagé également.

Si l’on prend le cas d’un cédant qui souhaite transmettre la direction et la propriété de son entreprise à ses employés en totalité, une coopérative de travail pourra être constituée. Dans ce cas, les employés sont entièrement et uniquement propriétaires de leur entreprise, ce qui favorise leur mobilisation. De plus, les avantages fiscaux sont intéressants pour eux: le Régime d’investissement coopératif (RIC) leur octroie une déduction fiscale de 125% sur les parts de qualification admissible.

Dans le cas d’une reprise partielle des employés, une autre entreprise ou un autre entrepreneur achète la majorité des actions et consent à en donner une partie aux employés. Dans ce cas, une coopérative de travailleurs actionnaires (CTA) peut être mise en place. Cette dernière achète un bloc d’action de l’entreprise. Les employés nomment un représentant qui siège au conseil d’administration et qui participe à la prise de décision de l’entreprise. Les dividendes sont versés à la CTA qui les redistribue ensuite à ses membres, en fonction du nombre d’heures travaillées dans l’entreprise. Ici aussi, les employés peuvent bénéficier des avantages fiscaux du RIC.

Conclusion ? La transmission de votre entreprise à vos employés s’avère sans aucun doute une solution à considérer dans votre plan de relève. C’est une façon peu risquée de créer de la valeur dans votre entreprise.






Avez-vous votre stratégie de distribution ?

29 12 2010

Quand j’interviens dans une entreprise, j’évalue les différents points de vulnérabilité de l’entreprise. De quoi s’agit-il ? tout simplement de  mettre le doigt sur les bobos qui empêchent ou qui peuvent empêcher une entreprise d’être rentable et de créer de la valeur.

Or, un des points de vulnérabilité concerne la distribution, qui devrait faire partie de votre stratégie de mise en marché. Les entrepreneurs négligent souvent de la planifier; elle semble simple; il suffit de prendre mon produit et de le livrer.

Erreur.

Un entrepreneur m’a rencontré récemment. Il avait tout un problème de distribution. Ses produits n’arrivaient jamais à temps chez leurs clients. Parfois, les clients ne les recevaient jamais.  Allez convaincre vos clients de faire affaires chez vous !

Dans le cas présent, le problème prend sa source dans un manque de préparation de la distribution. Pour cet entrepreneur, ça allait de soi: on fait livrer et le tour est joué.

Pourtant, lorsque l’on parle de distribution, la stratégie va beaucoup plus loin que du simple fait de transporter la marchandise.  Votre distributeur devient votre principal vendeur dans les marchés de détail. Il stocke votre marchandise, la prépare pour la vente (il crée des lots), et la pousse chez les détaillants. Il est donc essentiel de trouver le bon distributeur et de bien la planifier.

Les marges ?

Bien entendu, le distributeur n’est pas gratuit. Vous pouvez calculer qu’il gobe entre 20% et 30% de votre prix de vente final, d’où l’importance de planifier soigneusement la distribution: plus vous aurez d’intermédiaires, plus la distribution sera coûteuse.

Coûteuse ? En fonction du prix final, oui. Pas nécessairement pour vous. Car beaucoup de distributeurs achètent votre stock; vous n’avez pas à les payer pour les services qu’ils vous rendent, ce sont eux qui vous paient. Ils revendent votre marchandise aux détaillants en fonctions des marges que vous lui fournissez, ce qui conditionne également la place que vous occuperez sur les tablettes.

Voici trois des éléments à considérer dans votre stratégie de distribution:

  • Quel(s) marché(s) géographiques à couvrir ? Combien de détaillants sont visés ? sont-ils concentrés ou éclatés ?
  • Quel circuit ? Il peut être long ou court. Un circuit court compte peu d’intermédiaires. Il coûte moins cher, mais peut ne pas couvrir l’ensemble du marché ou créer des goulots d’étranglement dans le processus.
  • Quel est le cycle de vie du produit ? Plus le produit est périssable, plus rapidement le produit doit être sur les tablettes, et plus le circuit doit être réduit.




Les remises en questions des médias: la publicité a-t-elle encore son utilité ?

15 11 2010

Nous vivons une période de remise en question de la notion d’agence. Les médias imprimés connaissent des situations financières difficiles, plusieurs se demandent ce qu’il adviendra d’eux, mais aussi de la publicité et des agences qui en vivent.

En effet, la notion d’agence est malmenée dans la blogosphère. Martin Ouellet, de l’agence Provokat, explique la situation brillamment ICI. Même IBM s’est penché sur le sujet.  Martin Ouellet explique, en résumé, que la naissance des agences était nécessaire par le passage d’une économie de proximité, dans laquelle le boulanger vendait ses pains à ses concitoyens du village; il les connaissait ainsi que leurs goûts et entretenait avec eux une relation directe.

L’arrivée de la production de masse a brisé cette économie de proximité. Dès lors, il a fallu trouver une façon de créer un lien entre le consommateur et le producteur. C’est ici que les agences de publicités ont joué ce rôle, en informant les consommateurs sur les produits en échange de la traditionnelle rétribution de 15% .

Là où le bât blesse pour les agences, c’est le retour de cette économie de proximité. En effet, avec Internet et les médias sociaux, il est désormais possible, voire même facile, pour une entreprise de créer un lien de proximité et d’échange avec ses clientèles peu importe où elles se situent dans le monde. Le producteur peut même les segmenter et ainsi les rejoindre beaucoup plus efficacement que par la publicité dans les médias de masse.

Depuis, plusieurs prédisent la fin des agences telles que nous les connaissons. Sont-elles devenues totalement obsolètes? Que nenni. Même Martin Ouellet l’affirme. Elles demeurent compétentes dans le design d’une campagne de communication-marketing. En effet, il ne faudrait pas réduire le rôle de ces agences à de simples vendeurs de pubs. Loin de là. Leur rôle changera dans l’exécution des campagnes: une portefeuille d’outils de communication plus large, mieux ciblés, et mieux fidélisés.

De plus, les récentes données démontrent que les entreprises n’ont pas diminué leur budget en publicité, au contraire. Statistique Canada a publié les recettes des radiodiffuseurs ainsi que des télédiffuseurs. Or, si on remarque une légère baisse en 2009, sans doute due à la récession, les recettes sont en nettes progression depuis 5 ans.  C’est aussi ce que constate Luc Dupont, professeur en communication à l’Université d’Ottawa. On ne peut donc pas dire que les problèmes financiers que connaissent certains quotidiens reflètent l’ensemble de l’industrie. Et encore moins qu’Internet met la publicité en péril.

Toutefois, il est possible que les entreprises aient commencé à  diversifier leur portefeuille d’outils de communication. En effet, on remarque de plus en plus de ventes de publicité en ligne, notamment sur les sites de médias sociaux, tels que Facebook et Myspace. Il est possible que les annonceurs délaissent les médias imprimés au profit des médias sociaux.

Et la publicité ? vend-elle ?

Certains conseillers affirment, ces jours-ci, qu’il ne sert à rien d’acheter de la publicité, car elle ne vend pas. Ceci est exact, la publicité ne vend pas. Ce n’est pas sa nature.

La fonction de la publicité ne consiste pas à vendre. Elle sert à informer les consommateurs sur les propriétés d’un produit. Elle peut également renforcer une image, voire même à créer une image de marque, mais elle ne fera pas vendre à elle seule les produits de votre magasin. Donc, en effet, ces conseillers ont raison.

La fonction de vente appartient uniquement au personnel de l’entreprise. Quand vous entrez dans un magasin électronique, rares sont ceux qui ont été convaincus par une publicité d’acheter un produit en particulier. Au mieux, elle aura éveillé un désir. Mais elle ne vous aura pas convaincu d’acheter le produit en question. C’est le vendeur du magasin, avec force d’argument, supporté par un packaging attrayant, un rapport qualité-prix perçu avantageux et une promesse de service après-vente hors pair, mis ensemble, qui auront un impact sur votre décision d’achat. Sinon, avec le bombardement de publicités dont vous êtes victimes chaque jour, les publicités auraient eu raison de vos économies, non ?

Par contre, la publicité prend toute sa raison d’être dans un mix de communication. La clé du succès, en communication-marketing, ne repose jamais sur un seul outil. Que ce soit la publicité ou le blogue, aucun,  ne peut à lui seul, assurer le succès commercial d’une entreprise. Au contraire, tout mettre dans le même panier risque de créer une vulnérabilité. Vous auriez davantage intérêt à mixer plusieurs outils ensemble, à adopter une stratégie d’ensemble susceptible de créer de la valeur dans votre entreprise. Vous y arriverez si vous avez un mix marketing et un mix communication qui répondent aux attentes des consommateurs et qui vous permettent de dégager des marges bénéficiaires qui créeront suffisamment de liquidité dans votre entreprise.

Et qui sont les mieux placés pour réussir ces campagnes ?

Les agences.








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