Le capital de risque peut être bon pour financer votre PME

Je discute fréquemment avec des chefs d’entreprise à propos des finances de leur PME. Ces derniers temps, deux sujets reviennent souvent: une éventuelle capitalisation boursière et le capital de risque.

Amis entrepreneurs, seriez-vous à la recherche de nouveaux moyens de capitaliser votre entreprise? Parlons de capital de risque.

Dette ou capital propre?

Les sociétés de capital de risque fournissent aussi des conseils-clé
Les sociétés de capital de risque fournissent aussi des conseils-clé

Le capital de risque constitue un investissement temporaire dans une entreprise. Ceci signifie qu’une société à capital de risque accepte d’investir dans votre entreprise en contrepartie d’un rendement sur son investissement.

Quelle forme prend-il?

L’investissement peut être soit sous forme de prêt non garanti (dette), soit sous forme de prise de participation minoritaire, le plus souvent en actions ordinaires (capitaux propres). Règle générale, les sociétés à capitaux de risque investiront pour une période allant jusqu’à 7 ans environ.

Quoiqu’il en soit, cet investissement capitaliserait votre entreprise, c’est-à-dire qu’il permettrait d’augmenter son patrimoine financier, en considérant qu’un prêt sans garantie est souvent vu par les institutions bancaires comme de la quasi-équité (un emprunt qui est vu non pas comme une dette, mais comme faisant partie des capitaux propres, aussi connu comme l’avoir de l’entreprise, dans le calcul des ratios financiers). C’est un avantage lorsque vous aurez besoin de négocier un prêt.

Là ne s’arrête pas l’intervention des sociétés à capitaux de risque. Puisqu’elles veulent obtenir un rendement, elles s’assurent de vous fournir les connaissances et l’expertise nécessaires pour faire croître votre entreprise. Certaines iront même jusqu’à vous accueillir dans un accélérateur d’entreprise, question de compléter le développement de vos produits ou de vos services en même temps que vos compétences entrepreneuriales. Il se développera donc une relation de complicité entre vous et cette société que vous ne trouverez pas avec votre banquier, car le seuil de tolérance de cette dernière est nettement moins élevé que celui d’un capital risqueur.

Il y a un prix à payer, cependant. S’il s’agit d’une dette, le taux d’intérêt sera établi en fonction du risque pris par la société. Plus il est jugé élevé, plus le taux d’intérêt de la dette sera élevé. La logique s’avère la même pour la prise de participation en actions; le rendement exigé sera important au terme du financement.

Pour cette raison, bien des entrepreneurs refusent le coup de pouce de ces sociétés. Il est possible qu’elles ne soient pas utiles pour votre entreprise, d’où l’importance de bien calculer votre stratégie financière: qu’avez-vous à perdre en faisant affaire avec une société à capital de risque, que pouvez-vous gagner, et que pouvez perdre en ne faisant pas affaire avec elle?

Quels sont les principaux critères?

Les sociétés à capital de risque choisissent avec soin les entreprises dans lesquelles elles investissent. Leurs critères de sélection diffèrent d’une société à l’autre, mais en voici quatre auxquels vous devrez vous attendre:

  • L’équipe de direction: quelles sont vos compétences, votre motivation, votre capacité à mener votre projet à terme et, à ne pas négliger, votre personnalité? Rappelez-vous, ces sociétés veulent établir une relation de complicité avec vous. Pour que cela fonctionne, il faut que ça clique aussi au niveau personnel! Vous devrez démontrer que vous détenez les compétences et les aptitudes pour gérer votre entreprise.
  • La vérification diligente: Évidemment, si l’on parle d’investir en capital-action, il faut parler des aspects financiers… et légaux. Les sociétés à capital de risque effectueront assurément une vérification diligente avant toute chose. Votre plan d’affaires doit également être à jour, tout comme les prévisions financières. Rappelez-vous ce que me disait David Boudreault de Ratomic Lab: Les Dragons Beauchemin et Garber n’ont pas envoyé un chèque tout de suite après l’émission: ils ont dû se soumettre à l’exercice de la vérification diligente.
  • Le couple produit (ou service)-marché: quelle sera l’évaluation de votre produit ou de votre service de la part des consommateurs? Il faut qu’il apporte de la nouveauté, qu’il apporte de la valeur à leurs yeux. Rappelez-vous que les sociétés à capitaux de risque prennent un risque et veulent obtenir un rendement intéressant. Vous devrez démontrer que votre produit sera bien accueilli dans le marché et que celui-ci sera assez grand pour que vous réalisiez des profits (et que vous fournissiez le rendement attendu). Si vous innovez, vous risquez d’attiser leur appétit!
  • Stratégie de rachat: quelles sont les portes de sortie pour les sociétés à capital de risque? Quand le financement arrivera à terme, il faudra avoir une stratégie pour racheter leurs actions. Inscrirez-vous votre entreprise à la bourse? Rachèterez-vous leurs actions via vos fonds propres?

Quels sont les projets qui intéressent ces fonds?

Ces sociétés recherchent des projets de démarrage, d’expansion, de modernisation ou de fusion-acquisition ayant un fort, fort potentiel de croissance. Leur appétit pour les technologies est grand. Celui pour les projets de consolidation de dette, inexistant. Voyez-vous le portrait? Ces sociétés se spécialisent souvent dans quelques créneaux, d’où l’expertise qu’elles peuvent apporter.

Le mieux consiste à les contacter. En voici quelques-unes que vous retrouverez à Montréal:

Plusieurs institutions financières offrent également du capital de risque. En voici quelques-unes:

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