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Je ne comprends pas.

Je suis les tweets de quelques journalistes de ruefrontenac.com, et je mesure leur désarroi face au lock-out du Journal de Montréal. La situation doit bien durer depuis plus d’un an, j’ai perdu le fil. Mais je sais que c’est un long conflit de travail. Sincèrement, je ne crois pas que les ex-journalistes du Journal de Montréal pourront reprendre leur emploi chez Quebecor. Pas avec QMI qui arrive dans le paysage.

En fait, je devrais dire qu’ils ne devraient PAS y retourner.

Ils ont une opportunité unique de créer leur propre travail de façon permanente. Pas en attendant la résolution du conflit.

A mon sens, ils ont également une opportunité unique de démarrer un nouveau journal avec une nouvelle approche. Faire quelque chose de nouveau, se démarquer des autres quotidiens.

Une coopérative ?

Ce serait simple, pourtant. Du moins, pas trop complexe. Ils pourraient fonder une coop de travailleurs, regroupant l’ensemble des journalistes. Le but d’une telle coop consiste à fournir du travail à ses membres. Les journalistes, les graphistes et les vendeurs deviendraient membres travailleurs et donc propriétaires de leur journal. Collectivement. Ils éditent déjà un journal sur le web. La structure éditoriale est donc déjà en place. Il ne reste plus qu’à officialiser le statut juridique et à obtenir le financement nécessaire pour bien démarrer les choses.

Je suis convaincu que ça marcherait et que le journal serait rentable.

Avantages de la formule

Les coopératives de travailleurs comportent beaucoup d’avantages par rapport aux autres structures juridiques. D’abord, je voudrais juste rappeler que de toutes les formes juridiques, les coopératives sont les plus stables dans le temps.

Ensuite, les coops ont une plus grande facilité à conserver leur main-d’oeuvre, puisque les travailleurs sont les propriétaires de l’entreprise. Ils sont donc nettement plus motivés à conserver leur emploi et à faire progresser l’entreprise.

La fiscalité maintenant. Les coops de travailleurs peuvent bénéficier du Régime d’investissement coopératif (RIC) qui permet aux employés de bénéficier de 125% de déduction fiscale sur les parts privilégiées admissibles. Ce n’est pas rien.

Enfin, il est difficile de trouver une forme d’entreprise plus respectueuse de la démocratie. Lors de l’assemblée générale annuelle, tous les membres ont le même poids: une personne, un vote. Conséquemment, les parts de qualifications pour devenir membre sont les mêmes pour tous. Je verrais donc mal une compagnie faire une offre d’achat hostile aux membres… les coopératives sont donc moins à risque d’être achetées par une grande corporation, gardant ainsi le siège de décision ici et entre les mains des employés.

Bref… pourquoi les journalistes de ruefrontenac.com ne fondent-ils par leur propre journal ?

NDLR: vous êtes un ex du Journal de Montréal ? Vous aimeriez en savoir davantage sur le sujet ? Je crois que vous auriez intérêt à me contacter ICI.

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